Un peu d'été dans l'automne

Mon cher Denis,

il doit rester un peu d'été dans l'automne puisque j'en découvre sur tes toiles. Chacun triomphe du gris qu'on aperçoit derrière et danse jambes nues avec la robe de couleurs folles que tu lui as confectionnée sur mesure.
Ça me réveille de sentir toutes tes filles me regarder dans les yeux et je me dis: "tiens, tout le monde ici n'est peut-être pas tout à fait mort, il y en a au moins un qui sait encore transfigurer la détresse en rythme et qui ne soit pas dupe que le morbide en art est une convention parmi d'autres".

il y en a qui diront (tu sais, ceux qui ne voient que des influences partout et qui emploient des mots que personne ne comprend, même eux), laisse dire, laisse répondre les toiles en silence à ta place, elles savent mieux que nous les réponses. Ou plutôt les questions. Et continue à inventer un chemin qui soit tellement à toi qu'il en finisse petit à petit à devenir celui de tous. Ou, mieux encore, laisse le chemin t'inventer toi, pour tous.

Et pour ne pas conclure, laisse moi t'offrir un petit morceau de poème (pas de moi, hélas, mais du grand argentin Roberto Juarroz ) :
" Il dessinait des fenêtres jusques sur les portes
Mais jamais il ne dessina une porte

Il ne voulait ni entrer ni sortir.
Il savait que cela ne se peut
Il voulait seulement voir : voir.
Il dessinait des fenêtres.
Partout. "

Bien à toi
Georges Tari
Nice le 22 septembre 1993


 

La vache à taches
1993

 

 

 

 

 

 

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