Denis Martinel

Comme si j'avais le temps.


Je désire quelquechose de brut
La force du brut,
Plutôt que le polissage de l'image.

Une toile dès le départ peut suggérer quelquechose
Des lumières qui tombent…

Je me laisse diriger par le fond, l'enduit
La couleur posée comme sans y penser

Sans que chacune n'implique son rôle à l'autre, puis le dessin…
Tout se retrouve décalé.

Ne pas être dicté par la phase précédente
Pas de relâche, essayer de déborder par l'animal,
Par la vitesse ou la mollesse, l'impulsion, la respiration,
r-

Effacer le côté ouvrier, artisan de la toile
Assez de la dictature du trait, peintre du contour…
Pas de matière pour la matière, pas d'absence du sujet

Marre de suivre la ligne, être disponible
La vie plus importante que l'art,

Un tracé détruit l'autre..
il reste les vestiges

je redeviens actif
le dessin semble sertir de son contexte de couleur ou de matière,

telle une fresque ancienne, dégradée.


impliquer l'artiste dans un travail ramène à un passé
Où il donnait de vraies indications
Sur lui-même.
J'en veux plus du sujet évanoui
Laissé à l'abandon par Marcel Duchamp,

Au choix du spectateur-zappeur.


Je m'implique dans mes faiblesses
peut-être dans ma force,
Dans l'homme et la civilisation.

Besoin de plus de liberté que le cadre
Je me provoque, déstabilise mon dessin

Recherche d'une générosité à chaque phase


Des portraits,

Sujets sans mise en scène
impressionisme mental,

Ne pas être aliéné dans le travail
Recapter le présent autrement,


Comme si j'avais le temps...

Idée échappée
1992

 

 

 

 

 

 

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