Denis Martinel

Une démarche picturale résistant aux influences nihilistes de l'art contemporain.

Consciente de la difficulté d'être intégrée dans les courants actuels, mais ne doutant pas de l'intérêt qu'elle occupera dans un avenir proche où l'on recommencera une recherche d'auteur dont les démarches sont machinalement exclues de l'Establishment.

Autant de travaux qui seront demain des repères de la non-soumission à la paroisse de l'Art institutionnel international.

L'art n'est pas encore sur des rails et il n'a pas peur d'exprimer la sensibilité, les faiblesses animales, charnelles de l'âtre plutôt qu'un formel aseptisé, dépouillé de risques et de maladresses.

Le Nouveau, c'est un faux problème. Si on entame cette idée, il faut l'inclure dans le temps futur.

Si dans 80 ans on dit d'un artiste qu'il s'est démarqué des habitudes artistiques de son temps, qu'il résistait, qu'il choquait, qu'il était boudé mais malgré ça qu'il était acheté par des collectionneurs (francs-tireurs), le même artiste représentera l'interprétation la plus novatrice de son temps. Par contre ce qui est nouveau au présent, c'est un nouveau de consensus.

Le raisonnement, la culture, la connaissance, l'information débouchent au XXIe siècle sur une aridité de l'imagination
- Mondrian avait un passé de peintre classique avant d'aborder les formes géométriques ; sans une recherche du sens, deux ronds et un carré ne sont jamais que deux ronds et un carré.
N'en déplaise aux conceptuels génialement subjectifs, un fil à plomb qui regarde son aimant n'est pas tant une histoire d'amour de vie et d'essentiel, l'émotion est à vide de nuances, le vide, le néant, le vertige… attirent l'entité qui se meurt ; un manque de pulsions animales nous harasse et vivre nous lasse

Arriba, arriba ! Hombre ! Dansa y piensa !

Le discours est une vanité qui flatte la cohérence, une invention des rustres pour faire les intelligents, une obligation sociale dans un monde d'incrédules, une duperie sophistiquée pour des esprits faibles.

Les actions ou les traces sont les garantes de la civilisation mais les thèses qui veulent les justifier ne sont que le reflet futile d'un présent insensible, seule la poésie reste intemporelle vis-à-vis du discours.

L'image peinte sublime les signes par des insignifiantes manières de les faire et de les peindre ;
ou la manière de transposer l'insignifiant en mythologie.

 

Boulimie
2000

 

 

 

 

 

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